dimanche 1 mai 2011

Demain, les élections.

Par Georges Gaudet

georgesgaudet49@hotmail.com

 

Allez voter… que diable!

Lundi prochain, allez exercer votre droit de vote, même si vous êtes déçus de tout ce système politique, même si vous êtes déçus de vos politiciens, même si vous êtes déçus de toute cette odeur de scandales qui plane dans le ciel politique de l’ensemble de ce pays. Ici, je m’adresse particulièrement aux jeunes de 18 à 24 ans. Seulement le tiers de vous avez voté aux dernières élections et si cette tendance se maintiens, n’allez surtout pas « brailler » parce que le monde ne tourne pas à votre goût, car vous aurez bien le genre de gouvernement que vous aurez choisi par omission… et ce serait dommage.

Les choses ne se changent pas en criant « lapin » et si vous voulez un monde meilleur, comme celui que ma génération souhaitait en ses tous débuts, il vous faut commencer tout de suite le travail et cesser de croire que ces changements de société vont se réaliser comme par magie. Certains me diront : « mais qu’est-ce que cela vous a donné, à vous ou à votre génération? » et ma réponse est toute simple. Cela nous a donné les hommes politiques que nous avons eu il n’y a pas si longtemps de cela. Des Jean Lesage, des Pierre Elliott Trudeau, des Daniel Johnson, des René Lévesque, des Robert Bourassa et autres hommes politiques qui ont façonné le paysage démocratique du pays libre que vous avez, quoique pourraient en dire certains critiques. Ces hommes et ces femmes d’hier ont façonné à la mesure des choix des générations passées, le monde d’aujourd’hui, un monde sujet à la critique, mais un monde qui n’est pas si mal quand on le compare à bien d’autres. Et c’est justement pour cela qu’il faut continuer d’exercer son droit de vote. Voter pour avoir une voix sur la place publique afin d’y faire valoir vos opinions, afin de vous battre démocratiquement pour un monde meilleur, un monde à l’image de ce que vous voulez devenir et non à l’image de ceux et celles qui se seront infiltrés dans le système pour le corrompre, en changer les règles ou simplement le détruire, justement parce que vous, les jeunes, vous aurez laissé grande la porte ouverte aux prédateurs de la démocratie, simplement par votre absence.

N’oubliez pas que dans un très grand nombre de pays, des jeunes comme vous marchent dans les rues simplement pour avoir ce droit qui vous est servi sur un plateau et que vous négligez comme des enfants gâtés. N’oubliez pas que ces jeunes se font parfois tirer dessus par leur propre armée simplement parce qu’ils réclament le droit de s’exprimer. N’oubliez pas que dans de très nombreux pays, des chroniqueurs comme moi seraient tout simplement emprisonnés ou même fusillés, uniquement pour avoir écrit ce que je suis en train de vous écrire.

Alors, lundi, allez voter! –allez voter pour qui vous voudrez, mais allez voter que diable!

« Gazopinion »

Dans la rubrique « opinion libre » de la dernière édition du journal Le Radar, Mélanie Gauthier du groupe « Madelinots en Alerte » écrit ceci : « Gens de la pêche, du tourisme et de tous les secteurs, citoyens des Îles, nous serons tous affectés. Où sont les gens éduqués et informés : étudiants, médecins, biologistes, professeurs et scientifiques? On ne les entend pas… rester assis dans les rangs arrière, en observant de loin ce qui se passe, est un choix irresponsable et dangereux. »

Je ne peux que m’associer à ces propos qui sonnent comme un cri d’alarme dans la nuit de la désinformation systématique de nos dirigeants actuels. Voilà une jeune qui n’a pas peur de crier sa déception et ses craintes quant aux projets de forages dans le golfe et elle a cent fois raison. Elle a surtout raison de dénoncer le silence des gens qui pourraient changer les choses, sinon, ce sera aux gens ordinaires, qui trahis par leurs élites, devront prendre les choses en mains et ce serait le comble. D’ailleurs, l’histoire nous enseigne que lorsqu’il y a un bris entre les élites d’un peuple et l’ensemble des citoyens, cela finit toujours ou presque dans la violence ou la révolution. Très peu de sociétés ont réussi à surmonter ce handicap par des approches raisonnées, communes et équitables pour toutes les parties impliquées.

Le problème d’aujourd’hui en ce qui concerne l’exploitation des tours de forage dans le Golfe tient en un mot : « CUPIDITÉ ». On est loin du bien commun en ce domaine et disons que les dernières décennies n’ont rien fait pour arranger les choses. À l’ère du chacun pour soi, là où les grandes associations de corps professionnels en position de faire chanter tout un peuple en profitent à tours de bras, faut-il se surprendre du grand silence qui règne autour du projet d’exploitation du gaz naturel dans les eaux du Golfe? L’argent facile, la demande grandissante d’énergie pour tout ce qui fait fonctionner notre monde industriel, commercial et même particulier dans l’ensemble de notre société, fait évidemment saliver les détenteurs du moindre pouvoir et par surcroit, ceux qui veulent atteindre cet état. Alors, comme la cupidité aveugle l’horizon, faut-il se surprendre que des gens bien instruits optent pour le rendement immédiat en se foutant carrément des conséquences sur les générations à venir? Cet égoïsme communautaire ne peut que préparer à long terme la disparition de l’homme sur terre à moins qu’à court ou moyen terme, un réveil radical survienne et il faut se demander quels moyens il faudrait prendre pour y arriver. Malheureusement, des catastrophes comme l’EXXON VALDEZ, BP dans le Golfe du Mexique et même l’explosion des centrales nucléaires de Fukushima au Japon ne semblent pas soulever la moindre crainte au sein de nos décideurs locaux et nationaux.

Mon père avait une expression colorée pour décrire le comportement humain en telle situation. Bien que cette citation m’agaçait royalement quand il l’utilisait pour son propre compte, elle n’en est pas moins vraie si l’on se fie au comportement actuel de nos élites intellectuelles, commerciales et politiques de notre pays. « Ce n’est que quand l’homme a le nez dans la « marde » qu’il admet que ça pue. » Hélas, comme chacun croit qu’il n’y aura que le voisin qui aura la face dedans « la marde », personne n’a trop envie de trouver le papier qui servira à essuyer les dégâts.

Bon, va pour l’image « colorée » de la situation, mais cela ne rend pas moins dramatique l’état actuel des choses. Alors, les jeunes, FAUDRAIT PEUT ÊTRE ALLER VOTER. Ce serait un bon début, tout en vous assurant que ceux qui aspirent au pouvoir vous assurent d’avoir l’intérêt de la nation à cœur et non les quelques « grands » intérêts particuliers de groupuscules plus voraces les uns que les autres. S’il faut changer la perception de nos dirigeants, il faudra y arriver soit par la démocratie, soit par la force, même tranquille. Il y a des gens comme Martin Luther King qui y sont arrivés dans leur champ d’action. Toutefois, la première approche est beaucoup plus saine et moins dangereuse pour la santé de tous.

En gros, il faut remettre les pendules à l’heure, ébaucher le portrait de la société que nous voulons pour demain et commencer à la bâtir aujourd’hui. Ce projet doit s’élaborer ensembles, jeunes et vieux, hommes et femmes, tous unis dans un même objectif, soit sauver notre environnement immédiat, mais aussi l’ensemble de la planète de la destruction massive qui semble de plus en plus prendre des airs de but planifié plutôt que d’un résultat assuré par voie de conséquences. Cela peut paraître paranoïaque j’en conviens, mais j’y crois. Il y aura toujours des hommes et des femmes pour croire qu’ils sont tellement supérieurs à d’autres, que le toit de la maison qu’ils sont en train de démolir ne leur tombera jamais sur la tête, mais uniquement sur la tête des autres.

Pour qui vais-je voter?

Puisque je sais que vous avez drôlement envie de me poser la question, voici ma réponse. J’irai voter avec l’espoir qu’il arrive la situation suivante. Une coalition représentative de plus de 60% des gens ayant voté. Une coalition forte d’environ le tiers de chacun des partis suivants; le parti libéral pour ses politiques d’ouvertures modérées et une seconde chance de nettoyer ses rangs de ceux qui ont contribué à sa descente aux enfers. Le NPD pour ses politiques sociales, mais qui devraient être catalysées par les deux autres partis de la coalition. Et pour finir, le BLOC, afin de s’assurer qu’à l’intérieur de cette coalition, les intérêts et champs de compétence provinciaux soient bien servis par tous.

Sur ce, bonne semaine à toutes et à tous.

GG