Par Georges Gaudet
Tour d’horizon d’un monde en grands bouleversements.
*C’était en 1997 et pourtant cela me semble si proche. Dans l’échelle du temps planétaire, il s’agit à peine d’un micromillion de nanosecondes. Dans notre échelle temporelle à nous, il s’agit du temps des dinosaures, surtout chez les plus jeunes.
Par ce pluvieux dimanche avant-midi, nous nous promenions dans les allées d’un marché aux puces, question de trouver quelques trésors mal appréciés de ceux qui souhaitaient s’en débarrasser. Elle n’avait que dix ans et devant un vendeur de disques en vinyle, elle s’arrêta pour en contempler les drôles de photos sur les pochettes. Curieuse, elle en sortit un disque plutôt mal en point et se tournant vers moi, elle me demanda : « C’est quoi ça? » -mais c’est un microsillon que je lui répondis. « Et ça sert à quoi? » -ben voyons, ça sert à faire jouer de la musique, tout comme sur tes CDs répondis-je encore en attendant la suite. Et là, je n’oublierai jamais cet instant magique et ce regard moqueur. « Ahhhh! –j’te crois pas, tu m’fais marcher » qu’elle me dit avec la plus grande sincérité que l’on puisse déceler chez les enfants. Du coup je réalisai le gouffre qui s’était creusé en quelques années, entre un enfant de dix ans et moi, l’adulte qui avait connu l’époque d’un vieux « pik-up » à l’aiguille mal adaptée et grinçante sur un disque tout aussi « égratigné ». C’est d’ailleurs à partir de ce jour que je me suis mis à remarquer avec plus d’attention, les changements qui se sont opérés dans nos sociétés et de par le monde depuis les quinze dernières années seulement.
Le DC (disque compact) est maintenant au bord de l’extinction, les mp3, clefs USB, i-pod et autres gadgets du genre étant en phase de le remplacer à une vitesse phénoménale. Les nouvelles voitures ne se vendent presque plus sans GPS à bord et quel pêcheur irait en mer sans son « radar-plotter », souvent en double exemplaire, le tout branché sur son portable étanche dont la mémoire est chargée de toutes les cartes marines du monde et ceci dans les plus fins détails. Et dans ce merveilleux monde de l’électronique en train de bouleverser toutes nos façons de faire, une question se pose!-sommes-nous plus heureux?
J’avoue ne pas connaître avec certitude la réponse à cette question et loin de moi l’idée de pointer du doigt toutes ces avancées technologiques qui devraient nous faciliter la vie. On a qu’à observer les avancées dans le domaine du monde médical pour se convaincre du bien-fondé de toute cette percée cybernétique. De plus, il suffit de constater à quel point les jeunes enfants semblent « programmés » génétiquement pour vivre dans un monde à cheval entre le toucher réel d’une main sur l’épaule d’un frère et un message « texto » placé sur « Twitter » pour se convaincre du côté naturel d’une telle évolution. Ne suis-je pas en effet en train d’écrire cette chronique sur un ordinateur à la maison, au moyen d’un programme qui me permettra d’envoyer le résultat de mon travail au journal, sans m’être déplacé de ma chaise, dans mon bureau? Pire, si on m’enlevait cet outil de travail, j’avoue que je me sentirais comme un bébé tout nu dans la rue. Un tel retour à la bonne vieille plume et papier ligné, signifierait probablement une retraite définitive de l’écriture comme moyen de subsistance.
Des bouleversements qui ont un prix
L’être humain doit sa survie à son incroyable capacité d’adaptation. La question qui se pose maintenant est la suivante : cette adaptation est-elle intarissable? – certains le croient, d’autres pas. Une chose est cependant évidente. Toutes les grandes révolutions humaines sont passées par des guerres ou des catastrophes bien avant que l’homme s’habitue à son nouvel ordre mondial. Et parlant d’ordre mondial, n’est-ce pas cela qui s’en vient et à très grande vitesse? Le village global prédit par McLuhan n’a jamais été aussi évident, mais les disparités économiques, sociales, religieuses et culturelles n’ont jamais été aussi disparates, aussi éloignées les unes des autres, aussi dressées les unes contre les autres.
Le domaine économique
Prenons le domaine économique seulement. Avez-vous remarqué à quel point les avancées technologiques sont en train de pousser l’homme vers la porte de sortie de son usine, de son lieu de travail, de ses moyens de subsistance? Des pays sont au bord de la faillite. La Grèce, berceau de notre civilisation est un pays ruiné et dans le chaos total. Il en va de même pour le Portugal et l’Espagne. D’autres pays dits en émergence ne le sont souvent que par leurs minorités dirigeantes qui s’en mettent plein les poches. Chez nous, il n’a point besoin de faire un dessin pour réaliser que tous les pronostics de richesse collective ne sont basés que sur des données fictives. Nos caisses de retraite n’existent que sur papier, notre pays, notre province, nos municipalités croulent sous les dettes. La plupart des citoyens sont plus endettés que leur capacité de payer et notre niveau de vie s’apparente à un monde réel qui tente de se brancher sur un monde virtuel pour en oublier la réalité. Nous n’avons qu’à mentionner les récents grands conflits syndicaux qui ont secoué la province pour nous rendre compte de la grande marche de la technologie qui empiète sur les vies humaines. Le Journal de Montréal, La Presse, les employés d’Air Canada, les employés des postes n’ont trouvé comme contre-arguments à leurs demandes que l’unique réponse suivante : les avancées technologiques rendent leur travail obsolète, inutile et inefficace. À ce rythme, j’ai bien peur qu’il va en falloir des robots, pour soigner tous ces névrosés, malades et jeunes vieux retraités, sans revenus et mal adaptés à un monde qui aura changé du tout au tout en un revers de la main.
Dire que je regrette le temps passé serait mentir. Dire que je vois l’avenir de nos économies avec un optimisme béat le serait tout autant. À l’heure où il faut presque se déculotter pour prendre l’avion afin d’aller vers un autre pays, mais exactement l’inverse pour transférer sa monnaie vers certains abris fiscaux, je crains bien que le monde virtuel que l’homme s’est créé ne serve un jour que les plus nantis de la terre. Une fois les frontières monétaires abolies, l’argent papier disparu, que restera-t-il de valeurs de référence à ceux qui ne seront pas intégrés dans un système virtuel international? –rien, sinon que la somme de certains biens accumulés qui seront vites désuets. Une fois rendu à ce stade critique, l’on peut se demander qui aura le pouvoir de remplir ou vider votre compte virtuel et à quelles conditions pour autant que vous soyez branché. Il y a des risques qu’une carte plastique soit insuffisante, voire non sécuritaire. Alors, parlera-t-on du code à barres ou d’une puce électronique invisible, cachée sous votre peau et capable d’être lue par des lecteurs optiques branchés sur un cerveau universel? Vous croyez que c’est farfelu, fou et débile peut-être, mais imaginez seulement la commodité pour un gouvernement mondial dominant. Vous feriez votre épicerie et pas besoin de passer par la caisse. Vous n’auriez qu’à passer vous-même devant un scanneur. Encore mieux pour voyager. Pas besoin de passer à la fouille obligatoire. Vous passez sous le scanneur, votre compte en banque virtuel est automatiquement débité, on connaît votre identité spontanément et si par malheur vous êtes en dettes illégales ou recherché, une armée de robots vous sautent dessus soit pour vous éliminer ou vous paralyser, le temps de vous jeter en prison ou pire. Dites-moi que c’est farfelu et je vous donne raison. Dites-moi que « j’en ai fumé du bon » et moi je vous dis : « attendez pour voir! » Depuis que le monde est monde, est-il arrivé une seule fois dans l’histoire de l’humanité où un peuple dominant n’a pas vu les hommes libres comme une menace à sa propre existence? – réponse : jamais!
Une menace mondiale
Les États-Unis sont au bord du gouffre sur le plan financier. Le peuple est au bord de la révolte, leur arsenal militaire est le plus puissant au monde, mais ils se doivent « la peau des fesses » à d’autres peuples qui rêvent de prendre leur place, en l’occurrence la Chine, l’Iran, la Russie et quelques autres. Leur seule carte maîtresse est le contrôle de l’espace. Sous des apparences trompeuses, ils ont bâti un gigantesque laboratoire de contrôle qu’ils ont appelé la Station orbitale internationale (ISS – pour International space station). Depuis quelques décennies, ils ont conclu un pacte avec l’OPEP – l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, l’obtention de toutes transactions pétrolières en dollars américains. Toutefois, voyant leur désavantage, certains pays ont décidé de se faire payer en d’autres monnaies étrangères moins endettées. Il s’est agi d’abord de l’Irak sous Saddam Hussein, puis actuellement de l’Iran et du Venezuela. Et qui sont présentement les ennemis jurés des USA? – ces trois pays en première ligne sauf pour l’Irak maintenant que Saddam Hussein est mort. Le jour où d’autres pays en feront autant, que croyez-vous que les Américains vont faire? Il ne leur reste que peu de temps avant que leur monnaie s’écroule et encore moins avant de tout transformer la monnaie mondiale en argent virtuel. S’ils y arrivent, alors ils pourront toujours tourner à « OFF » le GPS mondial puisqu’ils en ont le contrôle de même que tous les satellites qui justement alimentent toutes nos belles petites cartes à puces, cartes de crédit, de débit…etc. Il restera alors aux autres pays à leur déclarer la guerre dans l’espace, une guerre qui est déjà en branle. L’Europe avec son équivalent GPS qu’ils appellent le système Galileo, les Russes, les Chinois, l’Inde et quelques autres avec leurs fusées de plus en plus performantes. Un foutu bordel juste au-dessus de nos têtes.
Bonne fête du Canada à toutes et à tous, mais ne regardez pas trop « en l’air ».
GG
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