Par Georges Gaudet
Bilan d’un voyage au pays des Gaulois
(suite et fin…)
Un pays n’a de saveur que par la chaleur des gens qu’on y rencontre. À ce chapitre, tout le territoire français, sauf Paris, est d’un goût exquis, tout de parfum campagnard, d’histoires racontées, de vin qui coule comme l’eau et de mines réjouies de vous recevoir, vous les cousins d’Amérique. Oui je sais, le cliché est puissant, mais non moins véridique, du moins ce fut notre cas.
Visiter toute une partie de la Normandie, la Bretagne et la Charente en deux semaines c’est peu, trop peu même. Il faut alors faire des choix, surtout que le dollar canadien ne fait pas son pesant d’or comparativement à l’Euro. Heureusement, l’accueil que l’on nous réserve après notre réponse à la question suivante :«Vous êtes Québécois ou Canadiens?» n’a d’égal que l’accueil que font les gens de Fatima aux mi-carêmes qui frappent à leur porte. Tout ceci pour dire que nous n’oublierons jamais les proprios de l’hôtel l’Hermine de St-Malo, Jean-Vincent et Sophie de La Maison des bigorneaux de Port-en-Bessin, Murielle de la maison L’Essentiel dans La Guérande et
pour terminer en toute beauté, Bruno et Marie de La Grange du bonheur à Gensac-la-Pallue, non loin de Cognac, Serge, Nicole, Michel et Simone, leurs amis qui nous ont reçu parmi eux comme des frères et sœurs de longue date. Je sais, ces gens sont des inconnus pour les lectrices et lecteurs de ce journal, mais ce serait passer à côté d’un grand plaisir de ne point les nommer, tellement ces personnes que nous ne connaissions pas, ont été pour ma compagne et moi, des gens qui nous ont montré la France sous ses plus beaux jours.
Après la Normandie, la Bretagne.
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La Bretagne demeurait un incontournable même si nous avons dû faire des choix difficiles. Bien sûr, nous sommes arrêté au Mont St-Michel, superbe rocher ancré dans cette immense baie sise à «califourchon» entre la Normandie et la Bretagne, endroit de toute beauté où la marée montante arrive comme un cheval au galop. Tout est beau en Bretagne et circuler dans le port de St-Malo, particulièrement dans les murs de la vieille ville emmurée, c’est comme circuler dans Le vieux Québec, mais en dix fois plus vaste et la comparaison s’arrête là. Commerces et surtout bouffe locale titille les narines constamment. Galette de sarrasin et crêpes bretonnes sont proposées en des dizaines de choix variés, de même que la crème glacée qui pour les connaisseurs, n’aurait d’égale nulle part ailleurs. Rêver dans ces rues en laissant flotter son imagination, c’est voir certains de nos ancêtres embarquer pour ce qui est devenu notre pays, le Québec. C’est mettre le pied à l’étrier de l’histoire et en savourer chaque moment. La Bretagne n’est pas la France et la France n’est pas la Bretagne.
Ils sont fiers ces Bretons. Leur drapeau flotte partout, leurs clans, leur langue et leurs coutumes ancestrales sont mis de l’avant avec une fierté qui nous rappelle la fierté acadienne. Taxés de «demi rosbifs» par certains français de d’autres endroits, les rosbifs étant le surnom attribué par les français aux anglais d’Angleterre, les Bretons sont justement cela, c’est-à-dire, uniques, sans compromis et fiers de leur indépendance teintée de la culture Celte, Anglaise et Française, une culture où se mêle le son de la cornemuse et les costumes d’époque.
Et puis comment ne pas oublier La Guérande. Un passage d’une journée seulement, mais combien amusante, même s’il y faisait un crachin breton de la pire espèce. Je rigole encore de Murielle qui pratiquait notre accent et nous qui en faisions autant. Nous avons parlé de café et de réveille-matin que j’appelais malicieusement mon «starter». Murielle répétait à qui mieux mieux «starteeerrrrr» bien prononcé à l’anglaise et en rigolait à chaque fois. Nous avons aussi parlé de vacances et de «burn-out», un nouveau mot à la mode pour les gens au bout de leur rouleau. Ce fut à notre tour d’en rire car elle prononçait «beurrenoutte». Ah ces Français! –contrairement à nous, ils ne voient pas leur langue menacée et il leur suffit de prononcer à la française le moindre mot anglais pour se l’accaparer et le considérer comme «français», ce qui ici, serait un péché de la langue. Néanmoins, ils sont les premiers à admettre qu’ils jouent avec le feu et que le réveil pourrait être brutal avec les années.
Et la Charente
La Rochelle et ses deux tours mythiques à l’entrée du port,
la vieille ville de Saintes et ses vestiges d’arène de l’époque romaine à l’acoustique toujours exceptionnelle,
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Cognac et son nectar digne de la table des Dieux, ceci sans oublier le fameux Pineau, liqueur douce au palais et lourde dans les jambes, surtout si l’on a pas eu la précaution de se lever de table de temps à autre. Voilà les vraies couleurs de la France que nous avons aimée. À ces couleurs, il ne faudrait pas oublier les gens qui nous ont reçus comme de vieilles connaissances. Comment oublier ces visites chez tous les amis des amis des amis, et surtout comment «cuver» tout ce vin, toutes ces liqueurs fines et tous ces apéros! – comment «digérer» tous ces repas copieux, ces dîners qui commençaient vers les 18 hrs pour ne se terminer que très tard dans la soirée. Et puis comment vous oublier, vous, Bruno, Marie, Nicole, Serge, Michel et Simone, qui lors de notre départ de chez-vous, avez entouré notre voiture en nous chantant une petite chansonnette d’au revoir. Votre cognac donne même une part aux anges, votre Pineau sait faire rêver, mais par-dessus tout, la chaleur de votre accueil, accompagné des succulents chocolats de ta production chère Marie, ont fait de la fin de notre voyage, quelque chose qui demeurera pour nous, inoubliable.
L’avion, les trains, le bateau le métro et la voiture
Nous avons utilisés tous ces moyens de transports et il y aurait long à dire sur chacun d’entre eux, mais ceci exigerait une conférence d’information pour qui souhaiterait faire un voyage similaire. Nous avons dû apprendre vite parfois et la connaissance du fonctionnement collectif de ces divers moyens de transports pourrait bien faire la différence entre un voyage merveilleux pour certains et un cauchemar pour d’autres. Heureusement, nous avions été bien conseillés avant, ce qui rendit notre parcours bien agréable et sans problème majeur. Petite anecdote en passant; si un jour vous prenez le TGV et que l’on vous demande de «composter» votre billet, ne le jetez pas aux ordures. Il vous suffit de l’introduire dans une «machine à composter» qui vous le marquera comme valide pour vous le remettre tout bien poinçonné pour un voyage sur des rails à plus de 250 km/h.
Bonne semaine à toutes et à tous.
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