*Voici deux chroniques, l’une suivant l’autre sur la même page.
Petit guide de survie... avant de partir!
*Difficile de porter le chapeau de journaliste et celui de chroniqueur. Voilà pourquoi je profite de la gentillesse de ma compagne qui s’est fait plaisir en écrivant la présente chronique. GG
Raymonde LeBlanc aux Champs Élysées.
La France, les Vieux Pays... Nous avions commencé à en parler il y a environ deux ans. De temps à autres, je bouquinais sur le Net pour les régions à visiter, les incontournables à voir, etc. Bref, tout ce qu’il y a de plus amusant.
Quelques semaines avant de partir en voyage, j’effectuai des recherches sur le web pour la cueillette d’informations sur les tarifs et les disponibilités des hôtels, ainsi que l’horaire des trains et traversiers, afin de faire nos réservations le plus adéquatement possible. Le processus fut quelque peu pénible. Puisqu’on voulait que le voyage soit agréable et éviter de courir pour tout voir, nous avons dû changer notre itinéraire à quatre reprises. Fallait se rendre à l’évidence, impossible de visiter tout ce qu’on souhaitait au départ. Bref, avec les réservations/confirmations, le processus aura duré environ trois semaines.
Avec une pointe d’humour toutefois teintée de réalité, j’ai dit à mon compagnon : tu sais quoi? Il faudrait aller en France afin de savoir comment ils fonctionnent pour ensuite revenir et préparer notre voyage!
Voilà pourquoi votre chroniqueur préféré me laisse la place, l’espace d’un instant afin de vous faire part de quelques suggestions de voyage pour qui un jour souhaite voyager outre-Atlantique, ce que je vous souhaite.
«Round down down, what I do,» c'est le temps des vacances!
Si c’est possible pour vous, n’y allez pas en juillet ni en août. La période idéale pour visiter l’Europe est de mai jusqu’au plus tard la mi-juin, et de septembre jusqu’à la fin octobre, surtout si vous voulez vous rendre dans la partie située plus au sud, telle que la Charente.
Comme c’est une période moins achalandée, vous pourrez sûrement voyager au gré du vent, c'est-à-dire faire un minimum de réservations hôtelières. D’ailleurs, la plupart des agences sur Internet comme Booking.com vous donnent la disponibilité et le nombre de chambres restantes pour chaque hôtel et gîte inscrits.
Heureux hasard ou règle absolue?- je ne saurais le dire, mais une chose certaine, c’est que maintenant je préfère loger chez l’habitant plutôt que d’aller à l’hôtel. On y rencontre des gens formidables et une fois revenu de voyage, ils font partie des meilleurs souvenirs.
« Red eye traveler – voyageurs aux yeux rouges » ou l’art de ne point dormir
Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’aime dormir! Pour faire plus explicite, j’ai besoin de mon 7 à 8 heures de sommeil par nuit. Si c’est votre cas, je vous déconseille de voyager avec le train ou avec le traversier la nuit à moins d’avoir accès à une chambre privée. Autrement, croyez-moi, vous ne fermerez pas l’œil! Dans un premier temps, on ne peut s’étirer à sa guise et j’ai trouvé la position assise plutôt inconfortable pour dormir sur une longue période. De plus, sur chacune de nos traversées, il y a toujours eu un ou deux poupons qui ne trouvaient pas le sommeil… Je vous laisse donc deviner le reste!
Remarquez que ce n’est pas une catastrophe. Une fois arrivés à votre hôtel ou à votre gîte, vous pourrez prendre quelques heures pour récupérer. Aussi vérifiez les heures de ₺check-in₺ surtout si vous arrivez au courant de l’avant-midi. Cela vous évitera une attente inutile…
La Grosse Bertha…
Ici, je ne parle pas d’une tante ou de la voisine, mais bien de la fameuse valise! Vous savez celle qui est toujours trop grosse, trop lourde et qu’on rage à trimballer d’une place à l’autre! Sachez que les ascenseurs se font rares en France…
Alors, apprenez à réduire la taille de votre valise et sachez qu’on peut le faire sans porter un t-shirt ou des bobettes une semaine durant… L’idée est d’apporter les vêtements nécessaires pour une semaine. Bien entendu, vous adapterez le contenu selon la saison et/ou la région à visiter. J’ai beaucoup apprécié d’avoir apporté deux robes légères puisqu’on était au mois d’août, mais j’ai considéré mes talons hauts… très futiles! Pensez aussi que vous rapporterez quelques cadeaux et souvenirs.
Quoi faire, quoi apporter?
En deux mots il faut penser intelligemment et « ménager » de l’espace. Voici quelques trucs :
Ø Préférez les formats de voyage. Il vaut mieux apporter deux petites bouteilles de shampoing qu’un gros format. Ici, on ne cherche pas à faire des économies, mais bien s’aménager de l’espace. Ne vous fiez pas à vous réapprovisionner là-bas, car les pharmacies européennes ne sont pas aussi garnies que les nôtres. Vous y trouverez difficilement les petits contenants.
Ø Apportez une petite paire de ciseaux dans vos bagages. C’est fou comme ça peut servir! Ayez aussi une débarbouillette, les hôtels et les B&B ne fournissent que les grandes serviettes. Il faudra penser à un petit sèche-cheveux si besoin il y a.
Ø Évitez d’avoir à ₺casser₺ une nouvelle paire de chaussures. Vos pieds vous remercieront.
Ø Ne soyez pas un néophyte du GPS. Apprenez à vous en servir avant de partir. Cela vous évitera bien des «U-turns», mais ne négligez pas les cartes papiers avant de partir (on peut les imprimer via Internet), car elles donnent une meilleure vue d’ensemble de la région et/ou du trajet à parcourir. De même, il est impératif d’étudier le code de la route avant de louer une voiture. Sachez aussi comment vous comporter aux ronds-points. Une fois que vous aurez démystifié cette infrastructure, vous la préfèrerez aux stops et aux feux de circulation!
Ø Sachez qu’en France les rues sont rarement indiquées! Par contre les pancartes vous indiquent où trouver la boulangerie, l’office du tourisme, la pharmacie, le prochain village…etc..
Ø Tenez un journal de bord et consignez soigneusement vos activités durant votre séjour ainsi que les villes et villages. Cela vous permettra de bien identifier vos photos. Aussi, une clé USB peut être pratique pour avoir une deuxième copie de vos photos.
Ø Si vous louez une voiture, prenez quelques photos de l’état de la voiture lors de la remise et notez bien l’heure à laquelle vous la remettez. Certaines compagnies de location pourraient vous refiler des factures qui ne sont pas vôtres…
Ø Apportez un ouvre-bouteille si vous faites du camping ou si vous aimez les contenants en verre. Ils n’ont pas le ₺bouchon qui dévisse₺…
Ø Échanger quelques dollars pour l’argent du pays (euros, livres sterling) en arrivant à l’aéroport, mais avec les coûts de la commission aux bureaux de change, il vaudra mieux par la suite de retirer l’argent au guichet automatique (distributeur automatique de billets) avec une carte de crédit. Les taux sont nettement avantageux si vous payez votre carte en moins de 30 jours.
Ø Sachez que l’heure de la pause (le déjeuner) est de 13h00 à 14h00. Les bureaux de poste, les pharmacies, etc. sont fermés durant cette heure.
Ø Ayez toujours quelques centimes avec vous. Plusieurs toilettes publiques (surtout celles dans les gares) sont payantes : entre 30 et 50 centimes. Ayez aussi un désinfectant du genre ₺Purel₺ même si la plupart des toilettes sont propres… on n’est jamais trop prudent!
Ø Sachez que règle générale, les buanderies (Lavomatic) ferment à 20h00. Toutefois, ça ne veut pas dire que vous devez sortir au plus tard à 20h00, mais qu’il y a un déclencheur automatique pour fermer les portes . Vous pourrez toujours en sortir car elles seront verrouillées de l’extérieur.
Quelques mots sur l’Angleterre
Notre regard sur cette île passe par les deux seules villes que l’on a visitées, Londres et Rochester. Mais déjà, je perçois le reste du pays comme étant similaire en ce qui a trait à la propreté, la politesse des gens et leur flegme légendaire qui fait qu’en tant que visiteur, on ne se sente pas bousculé par les us et coutumes du pays. Ici, on entend rarement les klaxons s’égosiller comme c’est le cas à Paris… Néanmoins, quelques trucs pratiques vous aideront à faire les premiers pas dans la cité avec bonne humeur.
Ø Ici, on roule à l’envers. Regardez des deux côtés. De cette façon, on ne peut pas se tromper. D’ailleurs, il est régulièrement écrit sur les traverses piétonnières ₺Look right₺ ou bien ₺Look left₺.
Ø Sachez que le système de métro ₺The Tube₺ ressemble à celui de Montréal par ses couleurs, mais est différent par ses appellations. On ne dira pas la ligne bleue même si celle-ci est de couleur bleu sur le plan. On lui donnera le nom d’une station existante sur ladite ligne. Par exemple, la ligne bleu pâle s’appelle ₺Victoria line₺ parce qu’il y a une station Victoria sur cette ligne. Vous devrez par la suite choisir votre direction (eastbound, northbound, etc.).
Attention : conservez votre billet de métro, car il faut l'insérer dans le portillon à la sortie. Aussi, il faut savoir que d'un même quai partent des rames de métro allant dans diverses directions. C’est aussi le cas en France.
En conclusion
Cette chronique ne se veut pas exhaustive car notre séjour sur le Vieux Continent fut trop bref pour cela. De plus, la littérature comme le Routard, le Guide Michelin ou encore des sites tels que VoyageForum.com peuvent vous renseigner de façon plus complète. N’hésitez pas à vous renseigner de quelque façon que ce soit; le mieux c’est de lire et… d’en parler!
À la prochaine et… bon voyage!
Raymonde LeBlanc
2e chronique
Grande fête à Villa Plaisance
Où quand la musique remplace bien des pilules
Par Georges Gaudet
Jeudi en soirée, le 22 septembre, c’était la fête à la Villa Plaisance à Cap-aux-Meules. En effet, les pensionnaires, les anciennes et anciens membres du personnel tout comme les membres des familles des bénéficiaires, les nombreux bénévoles ainsi que les membres de la direction, fêtaient les 30 années d’existence de Villa Plaisance. C’était aussi une façon toute particulière de souligner le départ prochain de ces pensionnaires pour les nouvelles installations au Centre hospitalier de l’Archipel, précisément au Pavillon Dr. Labrie.
Il y aurait eu de quoi faire une nouvelle bien journalistique avec cet évènement, mais je ne peux résister à en faire une chronique parce que ce que j’y ai vu vaut probablement plus qu’un simple filet d’information dans votre journal.
Un bref historique
C’est en janvier 1981 qu’ouvrait Villa Plaisance. À cette époque, cette installation passait pour la crème de la crème de l’hébergement des personnes dites «âgées». D’ailleurs, les photos dans les nombreux albums témoignent du grand nombre de gens qui ont résidé à cet endroit dont certains personnages très connus aux Îles. Il faut dire que dans les années 80, la plupart des résidents possédaient leur voiture et comme les albums souvenirs en font foi, ces gens profitaient de la vie et partaient même en voyage par autobus ou en avion nolisé, question d’aller voir la grande ville ou la parenté à l’extérieur des Îles. Même qu’il y avait des excursions en pédalo dans la Baie du Cap-Vert parfois, pendant les beaux jours de l’été.
Les temps ont changé
Les temps ont changé et la clientèle aussi. Jeudi soir, un grand nombre de bénévoles et d’enfants de pensionnaires ont fêté le trentième anniversaire de l’existence de cet établissement, mais c’est aussi une clientèle pour la plupart en grave perte d’autonomie qui a fêté cette belle soirée avec les bien portants. Quand on entre dans la Villa-Plaisance et qu’on y est pas habitué, une ambiance de tranquillité vous surprend. Puis avec le temps, vous observez le travail incroyable que doit assumer le personnel auprès de ces personnes en perte d’autonomie. Jamais il ne vous viendrait à l’idée de critiquer leur travail parce que ce travail, ces femmes et ces quelques hommes le font bien, souvent avec cœur, avec compassion, avec compréhension. Il faut simplement voir avec quels gestes d’affection certains membres du personnel, certains membres des familles, essuient une bouche tremblante ici, relèvent d’une mauvaise posture là, consolent une personne qui pleure, réconforte de leur présence ces gens au corps trahi par la maladie, à l’âme toute belle et épurée des faux attraits, au regard attachant et messager de solitude, au sourire qui vous interpelle et qui vous demande de ne pas les quitter ou sinon de revenir les voir plus souvent.
Heureusement il y a ces bénévoles, souvent d’anciennes et anciens employés à la retraite, qui reviennent sur les lieux de leur travail, engagés dans des gestes d’amour qui ne souffrent pas le questionnement. C’est ainsi qu’il y a des petites activités pour occuper les pensionnaires, de la musique pour les faire danser, pour les faire retourner dans leurs souvenirs de jeunesse, des chants pour égayer leur cœur. En des soirées comme ce jeudi dernier, il y avait l’orchestre «Les gigoteux». Ils sont de vieux et jeunes habitués bénévoles qui comme le disait leur porte-parole Raoul Bourque, tentent de remplacer les pilules par de la musique. C’est ainsi que madame Victoire Chevarie , 97 ans, sera heureuse de faire quelques pas de danse soutenue par Monica Landry et Sonia Aucoin, que
Michel Cormier prendra le micro et chantera de vieux succès comme «Please release me, let me go» et autres chansons des années soixante avec une voix que bien des chanteurs lui envieraient. Regarder dans les yeux de Michel quand il chante, c’est percevoir le bonheur caché dans le fond de l’œil, c’est voir la grandeur d’âme et l’innocence d’un poète, un talent caché par un corps qui refuse d’obéir, mais qui ne peut retenir une belle voix digne d’être transportée dans les voûtes d’une église.
Derrière moi, une vielle dame ressemblait étrangement à ma mère et avait les mêmes gestes d’un cerveau qui ne trouve plus ses références. Comme un mime professionnel, une autre cousait, recousait, vérifiait, examinait une courtepointe imaginaire, puis satisfaite, recommençait ces mêmes gestes, témoins d’une vie consacrée au labeur, une vie consacrée au bien être des autres. Inutile de vous dire que parfois ma vue s’embrouillait. Une chanson venait constamment en ma tête, une chanson de Claude Dubois : «Si Dieu existe»…Eh bien, si Dieu existe, je me suis dit qu’il n’était certainement pas à Wall-Street ou dans un Centre d’achat ce jeudi soir là. Il était dans le regard de madame Annie Lapierre, 102 ans et de madame
Œuvre photographique de toute beauté produite par Monica Landry et présentée sur les murs de l’établissement là où elle a transformée de nombreuses pensionnaires en de superbes modèles. Ici, madame Évangéline Riopel (avec sa permission), une des premières employées de La villa à ses tous débuts puis aujourd’hui pensionnaire dans le même établissement. Évangéline me dit : «Dans ce temps là, je me sentais utile.» et je lui répondis :«mais vous ne pensez pas que c’est maintenant votre tour de profiter de l’utilité des autres?»…et elle de me répondre «faudrait peut-être que j’arrive à me mettre ça dans la tête, mais ce n’est pas facile quand toute ma vie, j’ai toujours eu de l’agrément à travailler avec les patients.»…fin de la citation. Eh oui, si Dieu existe, il est dans le professionnalisme des préposées, dans l’énergie incroyable de Monica Landry, éducatrice spécialisée, dans les gestes bénévoles de Colette Vigneau et de tous les autres nombreuses bénévoles. Il est sous les pieds dansant de ces joueurs de guitare, de violon, d’orgue ou de piano, qui alimentent le souvenir de jours heureux lointains, perdus dans les brumes de ces pilules qui font vivre mais qui font probablement oublier aussi.
Il n’est pas souvent l’occasion d’entendre un directeur d’institution comme La Villa Plaisance, monsieur Pierre Arseneau, dire que son travail le comble et le réjouis, que le plus grand défi à venir sera d’être capable de continuer ce qu’on a développé ici. Voilà des paroles teintées d’espoir, un espoir transpirant du dernier couplet des paroles de cette chanson dont les mots étaient justement de madame Évangéline Riopel, le tout sur l’air de : «Le pêcheur».
Aux évènements qui passent et repassent
Nous voulons tourner une page
Chacun se souviendra longtemps
De la beauté de tous ces moments.
Bientôt viendra le déménagement
Espérant le meilleur pour ces gens
Que le soleil brille pour eux
Du plus jeune jusqu’au plus vieux.
Paroles de Évangéline Riopel
GG
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